Première Rencontre Women do wine : le bilan

Ça y est : on l’a fait !
Après deux ans d’existence, après des mois de préparation intense, nous avons vécu notre première Rencontre Women do Wine.

Et quel pied ! J’écris ceci encore fourbue, encore dans l’émotion, car cette journée a été si riche d’échanges, de partage, de sourires, et nous a fait toucher du doigt à quel point notre action est importante. Il m’a fallu deux jours complets pour digérer la chose, tant la vague d’amour, et de kiff a été puissante.

Retour sur cette journée.

Premier brief avec les bénévoles à l’aube, quelques heures de montage où j’ai vu des femmes s’activer dans les moindres recoins, et nous étions fin prêtes, quoiqu’un peu fébriles, avant l’ouverture des portes : la file à l’entrée nous a vite rassurées. Elles étaient là, les membres de l’association, en nombre, prêtes à déguster, écouter, apprendre, partager.

Un des moments très forts de cette journée est assurément la première table ronde : un sujet compliqué pour beaucoup d’entre-nous, porté par Isabelle Perraud, Isabelle Targues et Magali Lesueur, animé de main de maître par Birte Jantzen : le harcèlement et le sexisme.

Je n’ai pas pu assister à l’intégralité de cette table-ronde, mais je me suis glissée quelquefois dans la salle : l’émotion m’a prise à la gorge, tant c’était palpable dans la salle. Les femmes présentes avaient besoin de parler, d’être écoutées, et leur offrir un espace de parole comme celui-là était nécessaire. Ensuite, c’est Mélanie Tarlant qui animait des ateliers : et Mel Tarlant a fait du parfait Mel Tarlant, c’était empouvoirant, efficace, pertinant, souriant.

Se sont enchaînées les masterclass, une dégustation de Gamay Suisse/France d’anthologie, une sur l’importance de la forme des verres, une autre sur le rosé, puis sur la bière et enfin sur le gin. Je n’ai pu assister à aucune, elles étaient toutes complètes ! Il faut dire que nous n’avions invité que des stars : Alessandra Roversi, Elizabeth Gabay, Colombe Arnaud, Garlonn Kergoulay et Carol-Ann Cailly, Nathalie Kluziak. J’en ai même vu signer des autographes…

Simultanément, les tables rondes ont elles aussi attiré du monde : celle animée par Maria-Renée del Porto et Florentine Mahler-Besse pour en finir avec les clichés du « vin féminin » ou par le duo de vigneronnes-journalistes Audrey Martinez et Laetitia Allemand qui s’interrogeait sur « les femmes changent-elles le monde du vin », salle comble à chaque fois et public passionné.

J’ai passé mon temps à monter et descendre les escaliers, puisque nous avions investi pas moins de deux étages de ce chouette endroit qu’est la Bellevilloise, j’ai croisé partout des personnes enthousiastes, ravies d’être là, contentes et fières. Les 20 vigneronnes des tables de dégustation n’ont pas chômé, malgré des conditions caniculaires, le vin a coulé à flots. Les autrices ont signé des livres par dizaines, les artistes ont pu parler de leur travail, les maisons d’éditions ont vendu des livres d’autrices.

Rencontre Women do Wine : tables de dégustation ©Lucie Inland

Mais le mieux de tout ça, le plus important, ce qui est difficile à retranscrire, c’est l’ambiance tout à fait particulière qui régnait : détendue, souriante, dans le partage et la bienveillance. C’était vivant, bruyant, varié : je l’ai dit plusieurs fois, « regardez un peu à quel point toutes ces femmes sont différentes, et pourtant, on est toutes dans le même mouvement ».

Notre cheffe de projet m’avait grave briefée le matin : « toi, tu dois juste parler aux gens et ne pas oublier de t’hydrater. C’est ton rôle ».

Alors j’ai fait.

« Tu sais, c’est la première fois que j’assiste à une dégustation de vin, je n’y connais rien, mais ici, ce n’est pas grave, les vigneronnes sont super cools et pédagogues ».

 » – Y a pas beaucoup d’hommes non? »
« – Oh si, il y en a, mais on n’a juste pas l’habitude de voir autant de femmes, derrière les tables, dans le staff, du coup ils ont l’air un peu perdus. »

« Ce qui est top, c’est qu’il n’y a pas de barrières ici, parfois on est un peu cloisonnées selon le type de production, ici on se découvre les unes les autres. »

« Ça fait tellement de bien de voir autant de femmes, d’un seul coup, on se rend compte qu’on n’est pas seules. »

« C’est la première fois que j’assiste à une masterclass aussi cool, j’ai appris des tas de trucs. »

Et ça, cette atmosphère là, fluide et cool, on n’aurait pas pu l’obtenir sans des bénévoles au taquet : chouchouter les vigneronnes, s’assurer qu’elles n’ont besoin de rien, qu’elles ont verres propres, eau, glace à dispo, qu’elles ont mangé…

« Tu te rends compte à qui on a fait laver des verres ? T’as vu les CV de nos bénévoles ? » m’a dit ma cheffe de projet.

Et bien oui, je m’en rends compte : c’est aussi pour ça que c’était si génial. Des femmes de tous horizons, parfois venues de loin, unies pour que la journée se déroule au mieux, prêtes à filer des coups de main, des torchons, du temps et de l’énergie.

Un début de soirée parfait

Je n’ai pas vu la journée passer : je suis frustrée de ne pas avoir eu le temps d’aller déguster, de ne pas avoir vu tout le monde. Mais il était déjà l’heure de la conférence qui a été elle aussi un très beau moment. Rendez-vous compte que sur scène, nous avons eu successivement Delphine Aslan pour nous parler d’éco-féminisme et bien remettre les choses à leur place, Garlonn, Carol-Ann et Dorothée de la naissante Pink Boots Society France qui nous ont confirmé que les femmes de la bière vivent les mêmes expériences que les nôtres et qu’il est grand temps de s’unir, puis Vérane Frediani pour nous parler des femmes de la gastronomie. Que des pointures dans leurs domaines, en plus d’être cools et drôles. D’ailleurs, Vérane, quand tu veux, on monte un two-women show …

Quand est venu l’heure de la remise des prix j’étais déjà émue, mais voir Pauline, Gaby, Marion avoir le trac et recevoir leurs prix avec gratitude, entendre les applaudissements qu’elles méritaient amplement, et puis décerner le prix Vinaigre avec une Juliette Arnaud en très très grande forme m’a vraiment bouleversée. Le champagne d’Anabelle Coppée m’a aidée à me remettre un peu. (Palmarès complet.)

Remise des prix Women do Wine, Tête de Cuvée 2019 : Gaby Benicio ©Lucie Inland

C’était si bien, géant même. Toute la journée, dans son intégralité, dégoulinant de bienveillance, d’échange, de sororité, un mot qui a naturellement été prononcé tout au long de la journée tellement il résonnait en chacune. Et voir autant de femmes de talent réunies dans un même lieu, c’est quand même quelque chose. C’est inspirant, puissant, et ça aide à se dire que vraiment cette idée un peu folle au départ de créer une association, puis d’organiser une rencontre, sans aucun budget, avec juste une énorme envie, du culot et des idées est payante.

Mille mercis

Les mercis sont de mise, et évidemment, les premières auxquelles je pense sont les bénévoles, qui ont toutes été géniales, efficaces, souriantes.
Merci infiniment à Aldona, Anouck, Béatrice, Caroline, Catherine, Céline, Charlène, Charlotte, Dorine, Émilie, Elisabeth, Isabelle, Juliette, Laetitia et Laetitia, Marianne, Maria, Marie, Mary, Mathilde, Nadège, Olivia, Patricia, Renée, Sarah, Tatiana et Tatiana, Tatyana et Yann.

Merci à nos intervenantes et invitées, elles ont cartonné, et c’est un tel honneur pour moi de les avoir eues avec nous.

Merci aux donateurs·trices du crowdfunding et à nos sponsors qui nous ont fait confiance alors que nous n’avions rien organisé jusqu’ici : comme je l’ai dit plus haut, notre jeune asso n’avait pour ainsi dire aucun budget, sans elles et eux, nous n’aurions rien pu faire. Vous êtes également venus nombreux et nombreuses pour voir les résultats de votre soutien et nous assurer que vous allez continuer à le faire, merci, ça fout la pêche !

Merci aussi à celles et ceux qui ont filé des coups de main, du matos, des astuces, des ressources, des bonnes adresses et qui ont relayé nos messages.

Et puis merci à ma team de rêve, le bureau de l’asso. Amandine, Aurélie, Birte, Laura, Maïlys, Marie-Dominique, Marie-Hélène, Mélanie, et Noémi. Des nanas toutes très différentes et précieuses qui m’entourent pour chaque projet et la gestion de l’association.

Enfin, last but not least : merci infini à notre marraine Juliette Arnaud. Parce qu’elle déchire. Drôle, piquante, simple et bienveillante, c’est exactement ce dont on avait besoin pour nous accompagner et nous booster à fond. (Cérémonie de clôture in extenso.)

Et la prochaine étape?

D’abord, au sein de l’association même, nous allons devoir réfléchir à comment mettre en place encore mieux des espaces d’écoute, voire de conseils juridiques, car visiblement, il y a un besoin. Sans se substituer aux assos existantes, mais au moins pour aider les femmes à connaitre leurs droits.

Ensuite, recommencer ces événements à la rencontre des femmes du vin, de manière itinérante. Pour ne rien vous cacher, on a un plan secret de Tour de France * sur 10 ans, on va investir vos régions, tenez-vous prêt·e·s !

*et peut-être Belgique et Suisse

Sandrine,
Présidente drôlement fière de Women do Wine